
J’ai toujours été attiré par les extrêmes, ne pas «aimer» mais plutôt «adorer», les choses «immenses» et non pas simplement «grandes».
Au début je dessinais beaucoup de personnages extrêmement maigres puis ils se sont mis à grossir à l’inverse de moi. La plupart d’entres eux sont énormes et c’est comme eux que je perçois mon propre corps.
Je suis influencé par des artistes tel que: Voutch, Francis Bacon, Mark Ryden, Valerio Adami, Lucian Freud, Jean Rustin, Ray Caesar ou encore Leigh Bowery.
Elle n’est certes pas représentée physiquement mais elle se forme dans votre esprit, c’est donc à lui d’inventer ce qu’il voudra que vous y voyez : Un proche, une personne souriante, triste, blonde ou brune...
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Cela donne en quelque sorte une part d’interactivité à l’image, alors regardez bien et vous la verrez.
En approfondissant un peu la question, je pense que l’on peut faire ressentir une expression par le corps. Il est, tout de même, les 3⁄4 de notre être et pourtant, la plupart du temps, nous ne résumons les autres qu’à leur tête.
J’ai tendance à dessiner beaucoup de femmes dans mes images car elles sont, d’une part, visuellement plus intéressantes et, d’autre part, leur univers m’attire et je me sens, plus proche d’elles.
J’aimerais, à travers mon travail, montrer que les plis et les rondeurs peuvent être beaux et agréables à regarder. Mais si vous observez plus en détail, les personnages gros ou minces de mes peintures ne le sont jamais vraiment totalement.
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Je suis né en
Avril 1975
à Meaux dans le 77.
Je pars vivre à
Toulons
dés l’âge de 3 ans avec toute ma famille. En 1978 je fais la connaissance de ma nourrice,
« tata Joe » comme je la surnomme. Son appartement est à l’origine de ce qui deviendra ma passion: Le
kitch.
Un matin de 1979 ma mère découvre en ouvrant la porte de ma chambre, le sol, les murs et les meubles recouverts de feutre bleu.
Encore aujourd’hui, l’orange sa complémentaire, tient une place particulière dans la plupart de mes tableaux.
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Je remonte vers la capitale en 1986.
En septembre 1987 je entre au collège et lycée "Françoise Cabrini" à Noisy le Grand.
Je vais y faire la rencontre d’amies qui me suivent encore aujourd’hui.
Parallèlement je m’inscris en 1990 au cours du soir de l’IPMD.
En 1991, deux jours à peine après l’anniversaire de mes 16 ans je me fais embaucher dans un Mac Donald. L’aventure va durer 4 ans.
En novembre de la même année j’apprend que ma professeure de Français, celle pour qui j’avais poussé mes études jusqu’au lycée, tombe malade et ne reviendra donc plus.
Ne voyant aucune raison de continuer mes études je mets un terme à mon cursus scolaire classique et je m’inscris pour l’année suivante à la section graphisme de l’Institut professionnel des métiers de la décoration.
L’école a fermée ses portes 1 an aprés mon cursus de 3 ans...
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Un soir de Mai 1992 mon cours d’illustration est diffèrent, il va être déterminant pour la suite de ma carrière artistique: Je décide ce soir là, après avoir présenter une image non finie sur le thème de l’accident, de ne plus représenter les têtes de mes personnages.
J’étudie durant 3 ans dans cette école et vais y vivre 3 années de décadence artistique en étant entouré d’excellents élèves et amis qui indirectement vont me pousser à donner le meilleur de moi même. Mes professeurs sont divisés. Il y a d’un coté ceux qui me pousse à développer ma vision artistique et les autres qui n’y croient pas et font tout pour me remettre sur une ligne directrice plus "conventionnelle".
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En Juin 1993 je vais me faire opérer d’un problème dentaire et reste la bouche fermée le temps de la convalescence.
Je perds alors 40 kilos en seulement 2 mois. L’aiguille de la balance recule de 110 à 70.
C’est suite à cet évènement que je fais, des déformations et de toutes les difformités du corps, une véritable obsession.
Les déviations, distorsions, disproportions ou anomalies vont beaucoup m’intéresser et me toucher. L’angoisse de vivre dans une carapace de chaire qui n’est pas la mienne me poursuit encore maintenant.
Mon art va me servir en majeure partie à exorciser ce mal-être.
Cette même année en tombant je me sectionne un des tendons de la main gauche je perd pour le reste de ma vie 50% de sensibilité de deux doigts de la main gauche. 6 mois plus tard je suis victime d’un accident de scooter, une voiture me percute de plein fouet.
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Je perds une partie de la sensibilité de mes genoux. Suite à cet accident mes personnages vont adopter des genoux cagneux identiques aux miens.
En sortant de l’école en 1995 je vais travailler pour des magazines tel que "Parents magazine", "Psychologie" ou "Management " etc.…
Je travaille sous un autre nom, n’arrivant pas à faire imposer mes personnages "décapités". La presse est là pour vendre et prend peu de risque. Ce travail d’exécution ne me plais pas c’est en grande partie pour cela que je décide d’exprimer mon art par une autre voie.
C’est donc en 2000 que je vais faire ma première exposition à la Fnac. Elle est bien reçue par le public ce qui va m’encourager à continuer dans cette direction.
En 2003 je me sépare de l’homme qui a partagé 6 ans de ma vie, je change d’appartement et installe mon atelier dans la banlieue nord de Paris.
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C’est à la date de mon déménagement le 03/03/03 que je commence mon journal en images en prenant une photo par jour de ce qu’il se passe dans ma vie.
Les expositions s’enchaînent en me battant pour faire reconnaitre ma vision de l’art.
Même si se n’est vraiment pas facile je ne regrette pas ce choix pris ce fameux soir en cours d’illustration 10 ans plus tôt.
J’ai travaillé avec des galeries comme "Le Regard ", "La Hune Brenner", "L’Art de Rien", "Art Présent", la galerie "Hype" du Palais de Tokyo, "Espora" à Madrid, ou le showroom "Edouard Rambaud".
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En 2006 je collabore avec mon amie de toujours Aude Réant en publiant mon premier livre:
« Corps et Âmes ».
Nous faisons se rencontrer les mots et les images pour plonger un peu plus dans la magie et les effets que procure l’union de ces deux expressions. Nous abordons dans ce livre des scènes de la vie quotidienne au travers de minutieux détails, aux couleurs de notre enfance et de petits plaisirs familiers.
J’ai une réelle passion pour tout ce qui est "moche ", ce que l’on appelle communément le kitch, toutes ces choses que certains adorent et que beaucoup d’autres détestent.
Le fait que nos yeux ne reflètent pas à tous la même vision du monde me fascine, ce thème rejoint tout à fait l’obsession que j’ai pour les corps.
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Je fais du quotidien, des petites manies et des habitudes des gens ainsi que l’absurdité parfois de certaines situations ma principale source d’inspiration.
C’est donc naturellement qu’en 2007 je sors aux éditions Psshit mon second livre ayant pour titre: « Le cahier que quand j’ai des petits plaisirs et des petits tracas je les écris dedans »
Ce livre s’inscrit tout à fait dans la lignée de mon travail.
J’y présente environ 40 tableaux sur le thème des plaisirs infimes et des soucis qui ponctuent notre vie de tous les jours.
C’est aussi l’occasion d’y présenter pour la première fois une partie de mes photos du jour.
8/8